La cocaïne est la drogue des années 80-90. En effet,
une étude récente effectuée chez 559 toxicomanes
de Montréal démontre qu'elle est la drogue préférée
dans 76% des consommations de drogue. L'héroïne est
en deuxième place étant consommée dans 24%
des cas; ces deux drogues sont souvent utilisées en association
(1). Une étude similaire réalisée
à l'Addiction Research Foundation de Toronto démontre
une augmentation constante de la popularité de la cocaïne
chez les toxicomanes depuis le début des années
80. Préférée par 10% des toxicomanes au début
des années 80, en 1989 elle l'était par 80% (2).
Du côté américain, on croit que 20 millions
de personnes auraient déjà consommé de la
cocaïne et il y aurait environ 5 millions d'utilisateurs
réguliers (3). Considérée
peu dangereuse au début des années 70, ses effets
néfastes sont maintenant bien reconnus.
La cocaïne est très liposoluble et possède
une faible masse moléculaire; elle traverse donc facilement
le placenta. Son usage au cours de la grossesse représente
des risques importants tant pour le foetus que pour la mère
(4). Dans la région de Toronto, 6,2%
des nouveau-nés ont été exposés in
utero à la cocaïne (5). La prévalence
de son usage au cours de la grossesse varie selon le milieu social
et les régions ; chez les américains, 10% des nouveau-nés
de la région de Harlem (3), 4,1% de
la région de Louiseville (6), 10-15%
de l'Ohio et 25 à 30% des bébés à
faible poids présenteraient un test positif à la
cocaïne à la naissance (7).
Les effets de l'exposition à la cocaïne au cours de
la grossesse sur le foetus sont bien décrits et documentés
(7): malformation des membres, du coeur, du
crâne, du système génito-urinaire et retard
neurologique. Cependant, il faut souligner que l'effet tératogène
se manifesterait surtout chez les enfants nés de mères
de classe défavorisée présentant des déficiences
nutritionnelles importantes. De plus, l'effet tératogène
de la cocaïne ne serait pas plus important que celui de l'alcool
(8). En plus de constituer un problème
médical important, l'usage de la cocaïne pendant la
grossesse est associé à une diminution de l'intérêt
de la mère pour l'enfant et représente un mauvais
présage pour les soins que recevra celui-ci. Il est donc
difficile de distinguer les effets biologiques de la cocaïne
des effets d'une carence de soins. La cocaïne se distribue
dans le lait maternel et même après la naissance,
l'enfant, s'il est allaité, pourrait être exposé
à la cocaïne. La femme enceinte qui consomme de la
cocaïne risque un syndrome similaire à la pré-éclampsie,
de l'oedème pulmonaire aigu, de l'arythmie et la mort subite
(4).
Le laboratoire est souvent sollicité pour effectuer des
recherches de cocaïne chez la femme enceinte et le nouveau-né.
Un résultat positif a des suites médicales et sociales
évidemment très graves. Il est de plus extrêmement
important de déterminer si la présence de cocaïne
dans l'urine de l'enfant provient d'une exposition avant la naissance
ou représente une réexposition. Au coeur même
de l'interprétation des tests de cocaïne chez l'enfant
et la mère, une question fondamentale : combien de temps
après exposition ou consommation, un test de dépistage
à la cocaïne est-il positif sans qu'il y ait réexposition?
Je vais donc m'attarder ici à présenter tous les
éléments de la réponse à cette question.
Les facteurs qui influencent l'interprétation des tests
de dépistage de la cocaïne dans les milieux biologiques
sont nombreux; ils sont d'ordre analytique, physiologique et métabolique.
La cocaïne est un produit extrait de la feuille d'érythoxylon
coca : à la fin du siècle dernier son utilisation
était à l'état épidémique.
Son usage était tellement répandu, qu'on retrouvait
de la cocaïne dans une foule de produits courants tels que
des vins, des inhalants, des boissons gazeuses (dont le fameux
coca cola) et des cigarettes. Vers le début du 20ème
siècle, on reconnut ses effets néfastes et en 1914,
pour contrer ce fléau, les États-Unis adoptèrent
une loi des narcotiques (Harrison Act) qui en interdit l'usage
et en fit une drogue illégale. Vers les années 50,
suite à une action anti-drogue efficace, son usage était
considéré comme chose du passé. Avec les
années 60, un regain de popularité se manifesta
et celle-ci n'a pas cessé de croître depuis. L'arrivée
du crack, pièce solide de cocaïne pure qui est brûlée
et dont les vapeurs sont inhalées, a considérablement
augmenté les dangers de la cocaïne.
Toutes les voies d'administration peuvent être utilisées
: orale, nasale, respiratoire (fumée), intraveineuse, intramusculaire,
vaginale, rectale. En Angleterre, 40% des consommateurs fument
la cocaïne, 32% utilisent la voie nasale et 24 % se l'injectent
(9). Le temps requis pour atteindre le pic
des concentrations plasmatiques varient avec la voie d'administration
et la durée de l'effet est en relation directe avec la
vitesse d'absorption, l'injection étant associée
à la plus courte durée d'action (10).
La biodisponibilité par voie orale ou nasale n'est que
de 30 à 40%. Les doses habituelles de cocaïne sont
d'environ 100 à 300 mg. La dose fatale est aux environs
de 1,2 g (2). Des consommations élevées
de 16g/ jour ont été observées chez les boliviens
et les péruviens, c'est-à-dire dans des pays où
la drogue est abondante et facilement accessible (11).
Chez des consommateurs chroniques et réguliers, des doses
aussi élevées que 30 g/jr ont été
observées (12) démontrant ainsi
un accroissement progressif des doses avec l'usage.
La demi-vie de la cocaïne plasmatique n'est que de 48 à
78 minutes et quelques heures après consommation, la drogue
mère a disparu complètement du plasma. Étant
liposoluble, son volume de distribution est supérieur à
celui de l'eau corporelle.
Stimulant du système nerveux central, la cocaïne produit
de l'euphorie, une augmentation de l'attention, une diminution
des besoins en sommeil et en nourriture. Au niveau des terminaisons
nerveuses, elle bloque la reprise pré-synaptique de l'adrénaline,
de la noradrénaline, de la dopamine, provoquant ainsi une
vasoconstriction, une augmentation de la pression artérielle
et de la tachycardie. Ses effets néfastes les plus notoires
sont une prédisposition à l'arythmie et de la cardiotoxicité.
Aussi bien chez l'adulte, l'enfant ou le foetus, la toxicité
de la cocaïne peut s'expliquer par l'ischémie qu'elle
provoque (13, 14).
Son métabolisme s'effectue dans le foie et le plasma. Elle
subit une hydrolyse non enzymatique (déméthylation)
dans le plasma à 37oC pour donner la benzoylecgonine qui
pourrait aussi posséder une certaine activité biologique
(15). Elle est hydrolysée enzymatiquement
par des cholinestérases plasmatiques et hépatiques
en méthylecgonine. La cocaïne inchangée représente
uniquement 3% de la dose ingérée alors que la benzoylecgonine
et la méthylecgonine en représentent respectivement
46 et 41% (16).
La demi-vie de la benzoylecgonine est beaucoup plus longue que
celle de la cocaïne (7,5h). Nous tirons parti de cette longue
demi-vie pour démontrer une consommation de cocaïne
en recherchant ce métabolite urinaire. En fait, l'urine
est le liquide biologique de choix pour dépister une consommation
de cocaïne. Dans le plasma, la cocaïne est à
très faible concentration et n'y demeure que quelques heures.
Les tests immunologiques pour le dépistage urinaire de
la consommation de cocaïne (EMIT®, TDX®, RIA, Online®,
etc.) sont calibrés avec la benzoylecgonine. Ils réagissent
aussi avec la cocaïne et ses métabolites.
Il a été récemment proposé d'effectuer
le dépistage de la cocaïne dans les cheveux, dans
le méconium ou le liquide amniotique. À la naissance,
les dépistages dans ces milieux biologiques représentent
l'exposition de l'enfant lors du dernier trimestre de la grossesse
puisque le méconium et les cheveux ne sont formés
qu'au cours de cette période. Les déterminations
dans ces milieux biologiques représentent un défi
analytique important puisque les concentrations de la cocaïne
et de ses métabolites y sont beaucoup plus faibles que
dans l'urine. Une sensibilité de 1 ng/mL doit être
visée et seules les techniques de GC-MS et le RIA sont
adéquates (17).
Parmi les facteurs analytiques qui affectent la durée de
la période de détection de la cocaïne et de
ses métabolites dans les milieux biologiques, la sensibilité
du test d'analyse chimique est sans contredit le plus important.
Un consensus s'est établi au sein des diverses associations
scientifiques concernant la sensibilité analytique des
tests de dépistage de drogues dans les urines afin que
les tests qualitatifs rapportés par les divers laboratoires
puissent être interprétés de façon
uniforme. Pour la cocaïne et ses métabolites, un seuil
de détection de 300 ng/mL en équivalent de la benzoylecgonine
est utilisé et accepté. Bien que qualitatif, le
test doit tout de même faire l'objet d'un contrôle
de qualité rigoureux afin que cette limite de sensibilité
soit préservée (18).
Certains produits domestiques courants (NaCl, NaOCl, H2O2, détergent,
NaHCO3) peuvent être ajoutés sciemment à l'urine
pour réduire la sensibilité du test ; il convient
donc de mettre en place un système de surveillance pour
s'assurer de l'intégrité du spécimen. Cependant,
les tests de dépistage EMIT®, Roche RIA et Abbott®
pour la cocaïne sont particulièrement robustes et
n'ont pas présenté une diminution de leur sensibilité
en présence de ces produits domestiques (19).
Les facteurs physiologiques qui affectent la durée de la
période de détection de la cocaïne dans les
urines sont nombreux. La quantité de drogue consommée
en relation avec le poids corporel est évidemment au premier
plan. Et cette quantité est en relation avec les habitudes
de consommation de l'individu. En effet, un consommateur régulier
aura connu une escalade dans l'utilisation de la cocaïne
et les doses requises pour obtenir l'effet recherché seront
plus élevées que celles utilisées par un
consommateur débutant. La fonction hépatique est
responsable d'une partie du métabolisme de la cocaïne.
Elle pourrait théoriquement affecter la vitesse d'élimination
et la durée de la période de détection. De
la même façon, la fonction rénale devrait
aussi affecter l'élimination et la production d'urine.
La composition de l'urine est un facteur important affectant la
durée de la période de détection. En effet,
le pH urinaire a une influence sur la cinétique d'élimination
des drogues. L'élimination des drogues basiques est facilitée
par un pH acide et celle des drogues acides par un pH alcalin.
Le pH urinaire varie beaucoup avec l'alimentation. La cocaïne
est une drogue basique. Par contre, la benzoylecgonine possède
sur la même molécule une fonction carboxyle et amine
tertiaire et cette coexistance réduit considérablement
l'effet du pH sur l'élimination de ce métabolite
et par riquochet de la cocaïne.
L'état de dilution de l'urine varie considérablement
avec la quantité d'eau consommée. A mon avis, c'est
là un des facteurs physiologiques qui affecte le plus la
sensibilité des tests de détection des drogues dans
les urines et donc la période de détection après
consommation. Un article récent d'un groupe suédois
montre comment l'urine subit une dilution importante suite à
l'ingestion de quantité relativement modeste d'eau : l'ingestion
de 0,5 L d'eau fait baisser par un facteur de 5 en moyenne (n
=23) la concentration urinaire en créatinine, 1 à
2h après la consommation. On peut conclure que la concentration
des drogues et de leurs métabolites y sera réduite
d'autant. La consommation d'un litre d'eau réduit par un
facteur de 10 la concentration urinaire et d'autant donc la sensibilité
du test de dépistage des drogues urinaires (20).
Ainsi donc, il serait souhaitable de normaliser les seuils de
détection urinaire en fonction de la concentration de la
créatinine urinaire. Ceci permettrait de corriger pour
la dilution urinaire observée suite à l'ingestion
d'eau. Le même groupe de chercheurs démontre de plus
que la concentration des drogues urinaires normalisée pour
la créatinine urinaire varie beaucoup moins en phase d'élimination
que la concentration non normalisée et que les risques
qu'un test de drogue redevienne positif après avoir été
négatif suite à un changement de l'élimination
de l'eau sont ainsi diminués.
Malgré tous ces facteurs qui affectent considérablement
la durée de la période de détection de la
cocaïne et de ses métabolites dans les urines, il
est quand même possible d'établir un point de référence.
Il est généralement bien admis, que suite à
la consommation d'une seule dose de cocaïne par un individu
normal, l'urine demeurera positive pour la cocaïne et ses
métabolites (avec un test possédant un seuil de
détection de 300 ng/mL) pour une période de 48 à
72 heures, soit 2 à 3 jours (12).
Chez les toxicomanes de longue date, cette période de détection
après arrêt de la consommation peut être plus
longue et varie suivant les habitudes de consommation des individus.
Chez des consommateurs de 6 à 10 g/jour de cocaïne,
et ce depuis plusieurs mois, le test de dépistage de la
benzoylecgonine est demeuré positif dans les urines pour
une période de 10 à 14 jours après arrêt
de la consommation et ce dans des conditions strictement contrôlées
afin de s'assurer qu'il n'y ait pas de nouvelle consommation.
Donc les habitudes de consommation ont un effet important sur
la durée de la détection et chez les habitués,
la période de détection peut se prolonger sur plusieurs
jours (12).
Récemment, à notre laboratoire, l'urine d'un nouveau-né
s'est avérée positive pour la cocaïne et ses
métabolites pendant 6 jours après la naissance(test
Online®de Roche, limite de détection de 300 ng/mL).
La mère avait admis une consommation de cocaïne le
jour de l'accouchement. Par la suite, elle nourrissait l'enfant
au sein et niait toute consommation de cocaïne après
la naissance de l'enfant. Dans ce cas, il était extrêmement
important de savoir si l'enfant avait été exposé
à la cocaïne après sa naissance.
Pour résoudre ce mystère, deux questions importantes
se posaient. La cocaïne est-elle éliminée plus
lentement chez le nouveau-né que chez l'adulte et est-ce
que la cocaïne du lait maternel ingérée par
l'enfant est en quantité suffisante pour produire un test
urinaire positif chez celui-ci ?
Dans la littérature, il n'existe malheureusement que très
peu de données au sujet de l'élimination de la cocaïne
chez le nouveau-né. Il est en effet très difficile
de décrire les conditions d'exposition de l'enfant puisque
leur exactitude dépend de la crédibilité
de la mère ou des parents.
Il fut rapporté que l'urine d'un nouveau-né est
demeurée positive pour la benzoylecgonine pendant 5 jours
après la naissance sans qu'il y ait eu de réexposition
apparente. Cependant le seuil de détection de la technique
utilisée n'était pas spécifié (21).
Étant liposoluble, la cocaïne et la benzoylecgonine
se retrouvent dans le lait maternel. Est-ce que les quantités
de cocaïne et de ses métabolites dans le lait maternel
sont suffisantes pour donner chez le nourrisson un test urinaire
positif ?
Une mère qui allaitait son enfant de 2 semaines consomma
entre 10h et 14h, 0,5 g de cocaïne par voie intranasale (22).
Au cours de cette période, elle nourrit son enfant au sein
5 fois. À 13 h l'enfant devint irritable et à 17
h, il fut transporté à l'urgence. Il présenta
éventuellement des crises d'épilepsie. Les concentrations
urinaires de benzoylecgonine de l'enfant furent supérieures
à 250 ng/mL pendant 24 h après l'arrivée.
Les concentrations dans le lait maternel étaient de 50
ng/mL en cocaïne et de 400 ng/mL en benzoylecgonine. À
partir d'un calcul rapide, pour que l'enfant ait ingéré
une dose équivalente à celle d'un adulte, c'est-à-dire
de 1,5 à 3 mg/kg de poids corporel, pour un poids de l'enfant
rapporté dans l'article à 3,5 kg, il aurait fallu
que l'enfant ait ingéré plus de 10L de lait maternel,
ce qui est à mon avis tout à fait impossible. Une
autre possibilité serait que les concentrations de cocaïne
et de benzoylecgonine dans le lait au moment de l'allaitement
aient été environ 100 fois supérieures à
celles trouvées au moment de l'arrivée à
l'hôpital, c'est-à-dire, à 40 ug/mL. Selon
les considérations théoriques de Dickinson et al.
il est effectivement possible que la cocaïne soit concentrée
dans le lait maternel et que des concentrations aussi élevées
puissent être observées. Le rapport des concentrations
(lait maternel/sang) pourrait être de 10 à 30 et
les concentrations sanguines pourraient atteindre des valeurs
de 1 à 5 ug/mL. Chez le rat ce rapport fut mesuré
à 7,8. Cependant, aucune donnée expérimentale
n'est disponible chez l'humain pour appuyer ces considérations
théoriques (23).
Il est difficile d'imaginer comment un bébé peut
consommer directement de la cocaïne, cependant, un autre
cas intéressant de la littérature (24) démontre
comment un nouveau-né peut le faire accidentellement. C'est
bien connu, la cocaïne possède des propriétés
d'anesthésique local. Une cocaïnomane qui allaitait
son enfant souffrait aussi de douleurs au mamelon et décida
d'y appliquer de la cocaïne tout juste avant l'allaitement
pour soulager ses douleurs. L'enfant ingéra évidemment
de la cocaïne lors de la tétée et présenta
les symptômes d'une exposition à la cocaïne.
Est-il possible que la cocaïne dans la fumée puisse
être assez concentrée pour qu'un enfant exposé
présente un test urinaire positif ? Une étude chez
l'adulte démontre que l'inhalation passive de la fumée
donne des niveaux urinaires en benzoylecgonine qui ne dépassent
pas 14 ng/mL. Ceuxci sont donc nettement en deçà
du seuil de détection de 300 ng/mL.
Pour que la détection chez le nouveau-né soit plus
longue que chez l'adulte il faudrait que le métabolisme
et l'élimination de la cocaïne et de ses métabolites
soient aussi nettement plus lents et prolongés. Chez le
nouveau-né, nous observons à l'occasion une immaturité
hépatique qui se traduit par de l'hyperbilirubinémie
néo-natale. Elle résulte, croit-on, d'un défaut
de conjugaison par le foie qui entraînerait un ralentissement
de l'élimination de la bilirubine. Or, la cocaïne
pourrait induire le métabolisme hépatique. En effet,
les risques d'hyperbilirubinémie néonatale se sont
avérés plus faibles chez les nouveau-nés
exposés in utéro à la cocaïne
(25) que chez les non exposés. Chez
le nouveau-né, il se pourrait donc que la cocaïne
autoinduise son propre métabolisme hépatique . Sous
cet angle, il est donc peu probable que le métabolisme
du nouveau-né exposé à la cocaïne soit
plus lent. De plus, il faut se rappeler que la formation de benzoylecgonine
ne se fait pas de façon enzymatique mais par une hydrolyse
chimique spontanée à 37oC. La formation
d'un des métabolites principaux de la cocaïne n'est
donc pas soumise aux contrôles biologiques hépatiques
comme le sont les réactions enzymatiques. Ceci ajoute du
poids à l'hypothèse que la transformation in
vivo de la cocaïne ne serait pas plus lente chez l'enfant
que chez l'adulte.
À ce jour, aucune données expérimentales
ne permettent des comparaisons entre le nouveau-né et l'adulte
quant à l'élimination urinaire de la cocaïne
et rien ne nous permet de penser que les éliminations pourraient
être différentes. Ainsi donc, des détections
de 4 à 5 jours après l'exposition semblent peu probables.
À l'avenir, il est donc extrêmement important de
documenter tout cas de nouveau-né ou d'enfant en très
bas âge présentant un test positif pour la cocaïne
et ses métabolites par des mesures répétitives
des métabolites urinaires de la cocaïne. Ces mesures
devraient être normalisées pour la concentration
de créatinine urinaire.